« Du stade de Domitien à l’actuelle place Navone,
genèse d’un quartier de Rome »
Opération financée par l’Agence Nationale de la Recherche.
Coordination : Jean-François Bernard
24 mars 2011, à Rome, Piazza Navona, dans le cadre des séminaires Musicisti Européei a Venezia, Roma e Napoli (165061750). Musica, identità delle nazioni e scambi culturali, table ronde sur : La Musica e il concetto di "nazione" : Venezia, Roma, Napoli (1650-1750).
Le projet d ’étude de la Place Navone est né d’une opportunité architecturale et archéologique, liée aux travaux de restructuration réalisés dans le bâtiment que l’Ecole occupe au n° 62. La perspective s’est ensuite élargie afin de faire rentrer dans le champ de la recherche l’histoire économique et sociale du secteur. L’objectif est de relier les différents regards portés sur le périmètre de la place, afin d’en dresser, sur la longue durée, un portrait aussi exact et complet que possible.
Un premier axe de recherche porte sur la restitution des transformations architecturales du secteur. Partant des projets d’époque républicaine, qui fixeront durablement les grandes lignes de l’organisation du quartier, puis passant du projet de Domitien (stade et odéon) au très relatif abandon des monuments durant le haut Moyen Âge, la recherche se prolonge avec l’étude de la phase de développement urbain qui se dessine à partir du XIe siècle, des profondes transformations de la Renaissance, des projets baroques et pour terminer, avec les interventions contemporaines.
Un second axe de recherche s’intéresse aux habitants et aux utilisateurs du quartier. On connaît l’importance du lieu pendant l’Antiquité, puis les informations se font rares à partir du Ve siècle et les sources redeviennent plus abondantes à partir du XIIIe au point d’éclairer a situation démographique, la structure de la propriété, la situation relative des biens religieux et privés et les activités économiques (artisanat, commerces, marché). Les résultats obtenus par l’étude des évolutions du paysage social se superposent aux données fournies par les recherches topographiques. Une importance particulière est également accordée à l’utilisation de la place comme lieu de rassemblements populaires, de cérémonies, de fêtes religieuses et profanes, dont la tradition se prolonge encore de nos jours.
Enfin, la perception, l’usage, le statut des vestiges au cours des siècles font l’objet d’une étude particulière, visant à mieux comprendre l’ensemble des mécanismes dont la mise en œuvre aboutit à la disparition, la conservation ou la réinterprétation des monuments antiques. Le stade de Domitien constitue de ce point de vue un exemple majeur, dont l’étude approfondie fournit également des éléments de réponse aux interrogations actuellement suscitées par le devenir des espaces historiques et de leur mémoire.En collaboration avec l’Escuela Española de Historia y archeologia en Roma, la Surintendance archéologique de Rome, la Surintendance communale de Rome, la Surintendance aux monuments de Rome, l’Université de Roma 1 - La Sapienza , l’ICCROM, Archéovision PFT3D – Ausonius.
Projet MUSICI (ANR-DFG) : Les musiciens européens à Venise, à Rome et à Naples (1650-1750) : musique, identité des nations et échanges culturels
Ce projet, coordonné par Anne-Madeleine Goulet (CNRS-EFR) et Gesa zur Nieden (DHI) est prévu sur trois années (janvier 2010-décembre 2012). L’équipe se propose d’étudier les musiciens européens venus à Venise, à Rome et à Naples entre 1650 et 1750 du point de vue des échanges culturels et de l’identité des nations. Comment l’accueil des musiciens étrangers s’inscrit-il dans la vie musicale italienne, marquée par une professionnalisation progressive des musiciens, une politisation croissante de la musique et l’émergence de styles musicaux nationaux ? La coupure de la Guerre de Succession d’Espagne (1701-1714) constituera le point d’articulation de la réflexion. Deux avancées récentes dans la discipline historique invitent à ouvrir ce dossier : les acquis de l’histoire des transferts culturels et de l’histoire croisée proposent un cadre théorique qui mérite d’être mis à l’épreuve ; l’approche comparatiste trouve des formulations novatrices, qui abordent à nouveaux frais l’histoire des idées et celle des arts.
Objectifs : établir une topographie des lieux de musique qui accueillaient ces musiciens ; aboutir à un tableau de leurs activités ; comprendre les expériences musicales auxquelles ils furent confrontés ; compléter la connaissance de l’apparition des styles nationaux et celle du phénomène de la professionnalisation des musiciens ; approfondir la définition de la nature composite du style baroque italien. Les acteurs du projet souhaitent aborder le sujet selon cinq axes : les relations que les musiciens entretenaient avec les pouvoirs politiques ; l’établissement d’une histoire comparée de la mobilité des musiciens en Italie ; la circulation des musiques et des musiciens étrangers entre Venise et Naples dans la perspective des transferts culturels ; l’activité musicale dans les villas des familles nobiliaires de Venise, Rome et Naples pendant leur « villégiature » ; la facture d’orgues étrangers dans les observatoires choisis.
Résultats attendus : l’approfondissement des bases socio-culturelles de l’échange musical en Europe entre 1650 et 1750 et du phénomène de la migration vers l’Italie ; la mise en place d’une histoire différentielle des musiciens européens voyageurs ; la réalisation d’un site internet et d’une base de données ; la tenue d’un séminaire franco-allemand ; quatre journées d’étude ; un colloque international.
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